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JOHNNY HALLYDAY

Mon au Revoir

Johnny Hallyday Chapelle de Saint- Barthélemy Cimetière de Lorient à Saint-Barthélemy Cimetière de Lorient à Saint-Barthélemy

Cher Johnny,

 

Je suis née dans les années 60 et vois-tu, lorsque j’ouvrais à peine les yeux sur le monde, toi tu ouvrais déjà la voie à tout un style musical, tu déchainais toute une génération, tu explosais au box-office, tu crevais le petit écran avec ton look de rockeur.

Vivant loin de la France, les vinyles nous arrivaient au compte-goutte, cependant nous n’étions pas pour autant déconnectés de l’actualité musicale, et sur nos pick-up tournaient en boucle les derniers tubes de Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Joe Dassin, Mike Brant…

Alors j’avoue, à l’époque avec ma voix de gamine, je me suis plutôt essayée à imiter Sylvie Vartan devant mon miroir. Mais pour autant, impossible de ne pas fredonner certains de tes titres cultes. Que dis-je ? Fredonner ! Peut-on fredonner une chanson de Johnny Hallyday, ou doit-on tenter de l’imiter en donnant toute sa puissance vocale ?

« Que je t’aime », « Gabrielle », « J’ai oublié de vivre », « Le pénitencier »… ont bercé mon enfance et mon adolescence. Et malgré le nombre impressionnant de chansons que tu nous laisse en héritage, ce sont encore celles-ci qui trainent dans ma tête, et que je chante ces jours-ci en tentant de t’imiter alors que tu viens de nous quitter.

Cela fait bien des années que je vis sur Paris, mais pour autant, je ne suis jamais venu à l’un de tes concerts, je n’ai jamais fait des heures de queue aux portes de Bercy, je ne me suis jamais retrouvée écrasée par la foule sur la pelouse du Stade de France… Mais je t’avoue, je ne l’ai jamais fait non plus pour aucun autre chanteur !

Je n’ai pas l’âme d’une fan, je n’aime pas les mouvements de foule, mais j’aime à distance…

On dira de toi que tu as été le pilier de la chanson française, l’idole de plusieurs générations, une tête d’affiche. Mais je trouve que ce serait trop simplement dit… Parce qu’avec ton regard au bleu d’azur et ta « gueule » irremplaçable, tu as été notre Phœnix ! Est-ce pour cette raison que tant de gens n’acceptent pas ton départ ? Es-tu vraiment parti ? Ou règneras-tu sur les ondes radio, dans nos écouteurs et dans nos cœurs encore de longues années ?

Humblement je salue chacun de ceux qui sont venus des quatre coins de France t’attendre dans le froid ce triste samedi de décembre, ce peuple en deuil te rendant cet ultime hommage, cette procession de fans chantant tes chansons, mais comme à mon image, c’est chez moi que j’ai choisis de rester repliée sur mon canapé, face à ma télé durant toutes ces heures, en pleurs devant tant d’honneurs.

Démesuré diront quelques-uns ? Tout à fait légitime diront la majorité ! Pouvait-il en être autrement sans que chacun d’entre nous ne se sente endeuillé dans la frustration.

Et puisqu’à présent tu finis ton dernier voyage dans les Antilles, hier je t’ai fait déposer une rose blanche dans cette petite chapelle de Saint-Barthélemy.

Je salue ta volonté de séjourner pour l’éternité dans un lieu où règne toujours l’été, bercé par le clapotis des vagues, réchauffé par les rayons du soleil, caressé par les embruns marins.

Cela te ressemble bien plus que de finir dans la grisaille d’un cimetière parisien…

Comme tu dois le faire de là-haut, nous aussi nous pensons bien fort aux tiens, à ceux que tu laisses et pour lesquels tu te serais encore battu, juste pour qu’ils n’aient pas à dire Johnny a disparu…

A toi Johnny, Laëtitia, David, Laura, Jade, Joy, Sylvie, Nathalie et tant d’autres…

 

 

 

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